Je repense à ma dernière année chez SECIB, qui n’a pas toujours été très évidente à cause du contexte du marché de l’immobilier. Il y a quand même eu de vrais moments de joie, et des moments de tristesse aussi, bien sûr.
Je me rappelle avoir fait mon bilan annuel et m’être posé la question des meilleurs moments de l’année, ceux dont j’avais été la plus fière. On pense aux concours qu’on gagne, évidemment, et me concernant il y avait aussi les livrets de R&D que je transmettais à l’ensemble de l’entreprise. Mais il y a une chose que je n’ai pas écrite sur le moment et qui me revient maintenant.
Je travaillais à l’époque sur un projet avec une agence d’architecture que j’apprécie énormément, où le patron, l’architecte à la tête de l’agence, était la seule porte d’entrée pour la communication avec la maîtrise d’ouvrage. En tant que promoteur, quand on voulait contacter l’agence pour avancer sur le projet (c’était un concours), je tombais forcément sur lui.
Il avait un emploi du temps extrêmement chargé, que j’essayais de respecter au maximum, mais il n’était pas la personne qui dessinait le projet derrière. Et même s’il faisait tout son possible, c’était parfois un peu compliqué.
Et pourtant, cette réponse de concours, on l’a menée de façon très fluide, c’était un vrai plaisir de travailler sur ce projet-là. Dieu sait qu’on les avait bousculés, et Dieu sait que le résultat final avait été poussé, à tel point qu’on avait même eu le temps de faire valider tous les accès par le bureau de contrôle.
À un moment donné, je ne sais plus pourquoi, j’avais dit à ce patron que la personne qui travaillait sur le projet avait fait une super proposition, un super rendu. Je ne sais plus bien comment je savais qui c’était, je devais voir son nom apparaître souvent dans les mails.
Quelque temps plus tard, quand j’appelle l’agence pour avoir une information sur le projet, on me passe directement le chargé de projet.
Cette fameuse personne que je n’arrivais jamais à avoir au téléphone.
On a échangé sur je ne sais plus quel détail de modification, c’était il y a déjà un moment.
Je n’y ai pas plus réfléchi sur l’instant. Et puis, bien plus tard, je recroise le patron de l’agence, qui me dit que cette personne avait été extrêmement touchée du retour positif que nous avions fait sur son travail, en tant que maîtrise d’ouvrage.
Ce dont je me rends compte maintenant, c’est à quel point j’avais été heureuse d’avoir enfin ce chargé de projet au téléphone (un jeune homme, je crois), d’entendre sa voix. En concours, on va tellement vite qu’on n’a pas toujours le temps de faire de grandes réunions d’équipe, et c’était un projet plutôt petit.
J’avais été vraiment contente d’avoir ce coup de fil, de l’avoir directement en ligne, avec cette espèce de confiance donnée par l’agence. Et ce n’était pas pour lui gueuler dessus ou pour lui donner des indications qui n’ont aucun sens.
C’est un long texte pour dire finalement pas grand-chose. Sauf qu’en y repensant, une phrase lâchée en passant à un patron d’agence a suffi pour qu’on me passe directement la personne qui dessinait, et pour que cette personne sache que son travail avait été vu. Ça n’a coûté à personne, et ça a changé la façon dont on s’est parlé ensuite.
C’est exactement ce que je veux dire quand je parle de travailler avec de l’humain. Ce n’est pas une histoire de gentillesse, c’est ce qui fait qu’un projet avance ou pas. Et ce n’est vraiment pas contradictoire, selon moi, avec le fait de travailler avec de la data, de l’IA, du code ou des process.